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28 juillet 2007

Classement des écoles d’ingénieurs.

logo-challenges.gifChallenges publie comme chaque année son classement des Grandes Écoles d’Ingénieurs. Ce classement doit comme tout autre être vu dans la perspective de ses critères. Mais l’essentiel est d’y retrouver les tendances en termes d’emploi, de salaires et d’évolutivité des carrières. De plus, ces classements sont relativement fluctuants, ainsi il n’est pas rare de voir en tête de ce classement les Ponts & Chaussées ou le Mines de Paris plutôt que l’X comme cette année. Et le classement risque de changer entre le momoent où l’élève choisit son école et celu où il entre sur le marché du travail!Je vous conseille plutôt la version papier de ce dossier dans laquelle de nombreux articles annexes donnent des réponses intéressantes à qui voudrait poursuivre des études scientifiques de haut niveau.

Quelques résultats.

Il y a cependant des écoles qui ne se trouvent pas forcément là où on les attend. Ainsi, Centrale Lille est 9ème, et purtant elle est moins accessible que Centrale Lyon (19ème). Centrale Nantes, bien moins difficile, est 16ème. La hiérarchie des concours n’est donc pas toujours respectée. On y voit également très bien classées deux écoles souvent délaissées par nos élèves : l’ENSAE (concours Centrale), 8ème, et Télécom Bretagne (concours Mines/ponts), 7ème. Côté chimie, l’ENSIC est bien placée (23ème), Chimie Paris est plus loin (32ème), malgré des salaires très élevés et 100% d’élèves placés dans les 6 mois. Il convient donc de moduler le classement en fonction de ses propres critères, ses propres priorités. Chimie Montpellier est absente de ce classement, alors que c’est désormais l’une des écoles de chimie les plus réputées. Il est vrai que les écoles sont si nombreuses… Enfin, le classement ne donne pas d’indications sur les perspectives à long terme pour les diplômés. Même si avec l’âge l’école d’origine joue de moins en moins de rôle, il y a quelques carrières où cela est important.

Le choix de l’école.

Concernant le choix de l’école, l’article précise que le classement proposé ne donnera « qu’une partie des réponses« . Avant d’ajouter : « Les élèves ingénieurs ont peu de soucis à se faire, quelle que soit l’école. La pénurie de cadres dans l’industrie est telle que la question de la recherche d’emploi ne se pose pas vraiment« . J’ajouterai que le choix ne se fait qu’une fois les résultats connus et que les élèves se retrouvent souvent face à des choix qu’ils n’avaient pas envisagés, souvent en se sous-estimant. Le choix se fait alors entre quelques écoles. Bien sûr, il faut choisir de préférence une école généraliste qui permet de laisser du temps pour choisir sa voie, si on n’est pas encore décidé. Mais malgré tout, les perspectives sont également très larges à la sortie d’une école plus spécialisée. Challenges fait la distinction entre les écoles du top 10 qui mènent aux carrières de dirigeants internationales (ou du moins qui en offrent la possibilité) et les autres.

La formation.

On retrouve dans ce dossier une terndance lourde dans les grandes écoles : le regroupement des écoles en réseau, de manière à être plus visibles sur le plan mondial. Ainsi Centrale Paris a-t-elle ouvert une antenne à Pékin (voir notre podcast). On y parle aussi de ParisTech (notre podcast aussi). Il est finalement plus important de rejoindre un groupe d’écoles dynamiques comme Centrale pour bénéficier des différents enseignements proposés par ce groupe que de choisir exactement « l’école de ses rêves ».L’accent est de plus en plus mis sur les stages à l’étranger, ainsi que sur l’apport d’une thèse de doctorat, diplôme reconnu internationalement :

« Selon l’école d’appartenance, le gain de salaire (avec une thèse NDLR) peut être de 7 à 15%. Et l’obtention d’un doctorat favorise l’évolution de carrière. À travers la thèse, mener un travail de coopération labortoir-industrie constitue, au-delà de l’expertise technique, une belle expérience de management. »

L’emploi.

Le classement donne le pourcentage d’élèves embauchés 6 mois après la sortie d’école. Il flirte avec les 100% pour les 50 premières écoles du classement, puis est bien souvent aux alentours de 80 %. Cela peut sembler peu pour un marché soi-disant en pénurie. En réalité, il faut garder en tête que l’embauche d’un cadre se fait en plusieurs temps : entretiens d’embauche multiples (pour un même poste), suivi de la présentation détaillée des infratructures de l’entreprise. Un cadre à responsabilité doit être opérationnel dès le premier jour et la préparation se fait en amont. Ce processus pet prendre plusieurs mois, d’autant que le jeune diplômé a à répondre à de nombreuses sollicitations, et faire son choix parmi ces offres.

Côté salaire.

Les salaires présentés correspondent aux ingénieurs employés en France. Les premiers emplois à l’étranger correspondent à des postes dans des multi-nationales qui cherchent à recruter desingénieurs motivés et prêts à certains sacrifices. Dans les plus cotées, le pourcentage de diplômés qui partent à l’étranger est d’environ 20%, il est de 10/15% pour les bonnes écoles qui suivent (les ENSI), et il s’effondre pour les petites écoles (Polytech’ par exemple)? Certaines écoles, comme l’ENSAIT de Roubaix (textiles) affichent de grandes proportions de départ à l’étranger (27%) : cela est dû au secteur concerné, mais cela montre le dynamisme de ces écoles (92% de diplômés placés dans les 6 mois).Un départ à l’étranger pet s’accompagner d’une hausse de salaire annuel jusqu’à 20 000 euros.Premier point : les salaires des ingénieurs sont supérieurs, pour le premier emploi, à 30 000 euros brut/an (du moins pour les écoles préparées par nos élèves à Joffre). Cela montre l’intérêt de l’effort fourni en classe prépa! C’est également ce résultat qui permet aux élèves ingénieurs de financer facilement leur études par des prêts « étudiant ». L’X est en tête de ce classement avec 40 300 euros/an.Il faut mettre ces valeurs en regard de ce qui se passe en IUT :

Côté rémunération, en revanche, les lauriers se font plus rares. Seuls 43% des dirigeants pensent que les IUT permettent de «commencer la vie active avec un bon salaire»

selon l’Express. L’article continue en expliquant que les diplômés continuent alors par des études plus longues, c’est-à-dire pour rejoindre une école d’ingénieur. La prépa constitue un chemin balisé et direct vers ces formations.Les salaires des diplômés d’IUT sont bas, en comparaison des ingénieurs (1500 euros/mois), même si dans certains secteurs comme l’informatique on peut compter sur 22 000 euros par an, les compétences se déprécient bien plus vite dans le temps. Là encore l’effort demandé en cpge en vaut bien la peine! Deuxième point : ces salaires sont en hausse.

Quoi qu’il en soit, la totalité des 30 000 jeunes diplômés chaque année s’évapore en clin d’œil sur un marché où les salaires n’en fisnissent pas de flamber. Ainsi, Polytechnique, une nouvelle fois en tête de notre classement, affiche un salaire moyen de sortie de 40 300 euros annuels (hors prime), en hausse de 1300 euros.

Troisième point : ces salaires sont disparates. Entre les primes, qui augmentent avec le niveau de responsabilités, la possibilité de partir à l’étranger, les salaires entre les ingénieurs vont du simple au double.Pour conclure : pourquoi le salaire peut-il être important, et donc motiver les élèves à intégrer plutôt une école du Top10, quitte à faire 5/2 (voir plus bas)? Dans tous les cas le niveau de vie est évidemment plus que convenable, mais des carrières à niveau de salaires élevé cache des carrières dans lesquelles on aura la possibilité de changer de secteur selon ses envies : le salaire reflète des compétences généralistes et une grande faculté d’adaptation ; un salaire élevé permet aussi de « faire un break » ou de « changer de vie » plus facilement. On ne compte plus les exemples de reconversion tardive dans des métiers-passion, le tourisme (chambres d’hôtes).

La finance.

Un débouché méconnu des écoles d’ingénieurs est le domaine de la finance. Les salaires y sont très élevés, mais je voulais en dire deux mots simplement pour insister sur le fait que ces carrières sont accessibles aux élèves à fort profil scientifiques par les Grandes Écoles d’ingénieurs, et pas seulement par la filière ECS, qui nécessite un profil plus généraliste.

Pour finir.

Un encadré reprend le témoignage d’un jeune polytechnicienne.

En classe prépa, je travaillais beaucoup, je m’étais préparée psychologiquement et physiquement pour ça ». Ce qui ne l’a pas empêchée de s’y reprendre à deux fois. « J’ai fait trois années de classes préparatoires. Autrement dit j’ai redoublé pour obtenir une école de haut niveau. »

Je vois laisse méditer.

28 juillet 2007

Forum pour les bizuths.

bagnire3ec4.pngMaxime m’informe que vos vénérables puissances de Sup4 ont lancé un forum de discussion auquel les bizuths sont cordialement invités.

Vous pouvez vous y présenter, discuter de la pluie et du beau temps, entre deux œuvres lire…

C’est par ici.