Emmanuel Signoret (École Polytechnique).

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batPJe ne savais pas ce qu'était une prépa avant d'arriver au lycée, quand mon frère aîné est entré en SUP PT au lycée Mermoz à Montpellier. Personne dans ma famille n'avait fait ça avant et vu les échos que m'en donnait mon frère, c'était bien le genre d'endroit qu'il valait mieux éviter... Puis, au fil de ma scolarité au lycée, les professeurs m'ont incité à suivre ce parcours à mon tour, et, à vrai dire, c'était les seules études post-bac qui pouvaient coller avec mon projet du moment, devenir astronaute... rien que ça!

Certains de mes professeurs de lycée me recommandaient une "grande prépa", à Lyon ou Paris. Un copain de classe de Terminale de même niveau que moi a d'ailleurs fait ce choix. J'ai quant à moi décidé de faire un compromis "réputation/proximité" en snobant la prépa de Nîmes et en choisissant Joffre à Montpellier (je suis d'Alès). Coup de bol je dois dire! Avec le recul, je suis persuadé que je me serais morfondu à Paris (ce qui a été le cas de mon copain de terminale, qui a finalement relativement mal intégré par rapport aux prétentions de sa prépa et à son niveau initial).

L'ambiance de promo était absolument excellente à Joffre, la compétition bannie ou bon enfant, et le cadre de travail (installations neuves, localisation en centre ville) n'avait vraiment rien à envier à celui des "grandes" prépas, le soleil en plus.

emmanuelLa prépa m'a apporté un tas de connaissances utiles mais surtout une façon de réfléchir. On ne se sert pas tous les jours des intégrales triples et des équations de Maxwell, mais la démarche scientifique acquise en prépa, elle, sert tous les jours.
Je vois maintenant la prépa comme trois années (comme presque la moitié de mes camarades, j'ai "redoublé", ou fait 5/2 pour les initiés) ou je suis allé à fond de ce que je pouvais faire intellectuellement, exactement comme un défi sportif peut nous amener au bout de nos capacités physiques. Je ne pense pas que d'autres filières aillent aussi loin, et je dirais que cet effort parfois un peu traumatisant, il faut l'avoir fait. C'est un peu comme courir un marathon, sur le coup on se dit que ça ne sert vraiment pas à grand chose, mais quand on l'a fait, on est sacrément content et on sait pourquoi.

Après mon collège et lycée (terminale scientifique spécialité math) à Alès et ma prépa MP* à Joffre j'ai intégré polytechnique, l'X comme on dit dans le jargon des taupins. C'est une école généraliste qui permet de valider un double diplôme d'ingénieur dans l'école d'application de son choix après une année de service militaire dans l'arme de son choix et une scolarité de deux années à paris. J'ai choisi l'armée de l'air pour mon service, puis Sup Aéro comme école d'application dans l'aéronautique. A l'issue de mon cursus polytechnicien, j'ai été sélectionné par Air France pour suivre une formation de pilote de ligne (filière cadets). Je devrais débuter les vols commerciaux en tant que co-pilote d'ici un an, je compte sur mon bagage d'ingénieur pour m'amener à terme à un poste proche des essais en vol dans la compagnie.